L’ÂGE DE CRYSTAL CASTLES dans le Magazine Mensuel Technikart - numéro 122 (02 mai 2008) en lecture numérique

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Description de ce magazine / journal :

Un regard libre et sans concession sur tous les aspects de la culture contemporaine : ciné, littérature, Internet, art contemporain, musique, société, tous les sujets sont abordés de manière décalée et avec un ton impertinent.

L’ÂGE DE CRYSTAL CASTLES

CRYSTAL CASTLES «CRYSTAL CASTLES» ELECTRO. Ce n’est pas une conspiration, juste une constatation : dans une époque où tout se vaut, où tout doit être cool, le radicalisme de Crystal Castles fait tache. Ce duo génère des sarcasmes qui semblaient avoir disparu des salons culturels. Tousles autres groupes, qu’ils soient dans le créneau junk-pop ou marchandisede qualité, les Camille, Duffy, The Kills, Madonna, Nick Cave, Burial, Britney Spears, TheRaconteurs, tousrecueillent leurs petites louanges, puisqu’on n’a plus à choisir son camp – au contraire, ilfaut à lafoiskiffer«la Nouvelle Star» et le CBGB, les Stooges et Paris Hilton. Dans la cour de mon lycée, les fans de The Cure lattaient ceux de Madonna, le camp The Smiths n’adressait pas la parole à celui de Prince. Tout ça, c’est fini. Le postmodernisme a imposé son ouverture d’esprit. Mais en voulant gagner sur tous les tableaux, la pop culture a perdu de sa sincérité. Elle est dans l’empilage, l’ironie, le calcul. Pas Crystal Castles. Avec ces postados, on doit denouveau choisir son camp. APPÉTIT POUR LA DESTRUCTION Le duo canadien ne rentre pas dans une case prédéfinie : ni fluo, ni nu-rave, ni grindie, il s’apparente plus à Suicide ou aux Beastie Boys qu’aux Klaxons et autre Teki Latex. Il est le rejeton de KLF et Daft Punk. On sait qu’à la base du projet se cache Ethan Kath, auquels’estralliée en 2005 Alice Glass, 15 ansà l’époque. Ellea faitdes essais de voix qui, gravés à son insu, sont devenus le premier single du groupe, «Alice Practice». Ethan a grandi enécoutantGuns N’ Roses et Metallica. On le voit plutôt se défoulantsur lessingles deThe Justified Ancient of MuMu : entre techno ludique, 8 bits juvéniles et punk tourmenté, leur album, d’une urgence affolante, d’une puissance bouleversante, ne semble rechercher qu’une chose – l’intensité. ROMANTISME RADICAL «Crystal Castles», c’est Ellen Allien et DAFqui composent labandeson de«Tetsuo». C’est M83 qui, plutôt que deplaner en écoutant «Wish you Were Here», prend du crack en défonçant des Game Boy. C’est le Mike Oldfield électro-pop de1980 qui se fait violenter par LFO et Green Velvet. C’est Anne Clark avec trente ans demoins, une Clark qui aurait laforce dechanger le monde, à deux. Les furieux shows du duo, avec Ethan, collant sur la tête, et Alice invectivant un public sous le choc, durentvingt minutes montre enmain. Ils ont répondu à nos questions de façonlapidaire : «Nous sommes heureux lorsque notre musique mène au chaos. » «Nos chansons sont désespérées. » «Parfois, j’aime le monde, parfois.« Dans les cours d'école, les fans de Crystal Castles, minotiraitres, se tiennent prêt, et ça va savater. Meilleur morceaux "Black Panther, «Courtship Dating». BENOÎT SABATIER UN FLOP, TROIS RAISONS HADOUKEN ! «MUSIC FOR AN ACCELERATED CULTURE» LE GROUPE_Hadouken !, avec son nom empruntéaujeuvidéo«Street Fighter», est le fer de lance du grindie, un sous-genre londonien qui voudrait mixer grime et indie rock. La nouvelle mode chez les fluokids de moins de 16 ans. LE DISQUE_Avecleurs bruitagesde Game Boy, les post-acnéiques d’Hadouken ! réussissent à faire pire que les Klaxons, ce qui n’est pas vraimentune minceaffaire. Et démontrent, s’il le fallait, que les emokids ne savent pas rapper. LE RÉSULTAT_Aussi appétissant quetrois douzaines de churros, ce premieralbumsonnecomme de la dance hard discount. L’épiphénomène a peu de chance de traverser la Manche. (ATLANTIC). Néo-situ, ça tue NUMÉRO# A-T-IL TIRÉ LE BON NUMÉRO ? NUMÉRO# / «L’IDÉOLOGIE DES STARS» ELECTRO-POP. Ça donne quoi, un groupe pop qui seproclame néo-situ en 2008 ? Des paumés comme Julien Doré ? Non, l’album du duo Numéro# où, avec lachanson «Journaliste», ils se mettent à notre place : «Onze heures du mat’, je m’installe à mon bureau /J’improviseet je parlede ton album / Référenceschics et cynisme dans mes propos / Pour plaire aux intellectuels de mon immeuble / Nomsde groupes troptendance pour être connus / Faut que je surprenne les plus branchés d’entre nous. » En fait, il est midi, je m’installe à mon bureau : Numéro#, ce sont des textes drôles sur une musique électro-pop, Diabologum en moins écorché, unmélangeentre Stupeflip, TTC et Prototypes. Des références pas toujours chics puisque jene suis pas cynique. Leuralbum «l’Idéologie des stars» était sorti en 2006 au Canada, il arrive enfin en France. Joe Dassin chantait «Et si tu n’existais pas». La devise de Numéro#, ce serait : «Et situ existe. » Ce qui plaît beaucoup aux intellectuels de mon immeuble. Meilleur morceau: «C’est fini. » (SABOTEUR / ANTICRAFT). Psycho disco AVEC PADDED CELL, LA DISCO GAGNE LES HÔPITAUX PSYCHIATRIQUES. PADDED CELL / «NIGHT MUST FALL» DISCO. Enanglais, «padded cell» désigne une cellule capitonnée. A ce détail près qu’avec les Londoniens de Padded Cell, l’asile serait un club moite du Lower East Side des early 80’s. Le premier album en clair-obscur du duo évoque, sans tomber la camisole, le funkaride deLiquid Liquid (Dennis Young a collaboré à l’album) autant que le crossover duDinosaur L d’Arthur Russell. Profondément bipolaire, «Night Must Fall» alterne élans d’euphorie et épisodes suicidaires. Quand la nuit tombe, comme beaucoup desescamaradesélectroniques en vogue, Padded Cellvadonc piocher dans ladystopie synthétiquedeCarpenter («City of Lies») et dans les nappes prog un peu pompières de Goblin («Beautiful Gloom»). Rien d’étonnant après tout : à l’heure oùla discolaplus dark et laplusorganique se conçoit en trips autoroutiers (Chromatics, Zombie Zombie), Padded Cell est la bande-son idéale pour un été schizophrène. N’oubliez pas deprendrevosmédocs. MMeeiilllleeuurr mmoorrcceeaauu : : «Savage Skulls. » (DC RECORDINGS/LABALEINE). OLIVIER TESQUET L’île aux trésors ISLANDS REVIENT AVEC UN DEUXIÈME ALBUM PLUS GLAM. ISLANDS / «ARM’S WAY» ROCK. Ecouter chaque mois tous les disques qui sortent avec l’espoir de tomber sur l’album qui changera votre vie, c’est un peu comme traverser lessept mers à la conquête de l’Atlantide : c’est perdu d’avance, on s’y casse les dents et les oreilles, les grands espoirs s’échouent régulièrement sur lesdisques crevants de Camille. Mais cette poursuite du bonheur finit parfois par payer, quand l’îleengloutie resurgit, commeen 2006, avec lesplendide premier album pop psyché d’Islands, «Return To the Sea». Deux ans plus tard on retourne à la mer. On jette l’ancre sur «Arm’sWay», le deuxième album des Canadiens. Le mot d’ordre de la pop en 2008, c’est : rester vivant. Comment ? En arrêtant de jouer les souffreteux et en injectant du glam dans sa musique, comme MGMT ou The LastShadow Puppets. Le premier Islands pouvait rappeler «The Sophtware Slump» de Grandaddy. Le nouveau est plus «Just Like the Fambly Cat» : glam à la Bowie, moins de poésie, plus d’énergie, les esthètes sont devenus des pirates. MMeeiilllleeuurr mmoorrcceeaauu : : «Creeper». (ROUGH TRADE). L. -H. DE LAROCHEFOUCAULD Fresh MGMT_Notregroupe dumois en mars. MGMT (prononcez «Management»), des Stone Roses surfeurs, reste au top de la vague. Meilleur album de l’été, et de l’année –derrière Crystal Castles et SébastienTellier. THE LAST SHADOW PUPPETS_Le mec d’Arctic Monkeys a craqué sur Love et les Walker Brothers. «The Age of the Understatement», ce seraitdesPale Foutainsquienregistreraient une BO dynamique et panoramique, celle d’un James Bond de nouveau classeet british. Meilleur album anglais 2008. ALISTER_Produit par Baxter Dury, «Aucun mal ne vous sera fait» pille Antoine, Alex Chilton, Lou Reed et Yves Simon. Ce qui emporte le morceau, ce sont aussi les textes : agaçants et spirituels, les plus mordants de l’année. PONI HOAX ET METRONOMY_Comment réussir son second albumquand le premier était génial ? Latactique de Poni Hoax : faire plus. Plus Billy Idol, plus Franz Ferdinand, plus Simple Minds, plus épique. Résultat : leur «Image of Sigrid» est l’album plus de l’année. Pour «Nights Out», le Londonien Joseph Mount (Metronomy) a, lui, puisé dans la même période (YMO, Propaganda, A Certain Ratio, Sparks, Devo). Mieuxquele dernierHot Chip : un excellentmixentreavantgarde 80’s et entertainment 00’s. TETINE_Retourd’un duobrésilienbien meilleur queCSS. «Let your XsBe Ys», c’estdu The Egyptian Lover 2008. ROBERT FORSTER & NITS_Dans le top 10 des plus grands songwriters… entre 1983 et 1993. Aujourd’hui un peu fatigués, ils continuent d’écrire de belles chansons, restant à plus de 50 ans des artisans irréprochables. THE CONCRETES_A ne pas confondre avec celui de MGMT, il y a aussiun excellent«Kids»sur «HeyTrouble». Aumêmerayon pop : The Dodos, Pete & The Pirates, Oh No ! Oh My !, Panic At The Disco, The Courteeners, Make Model, tous plus ou moinshonnêtes. Sachantque sil’honnêteté estune qualité dans la vie, c’est pas super en terme d’intensité musicale. JAMIE LIDELL_Encoreun blanc-bec qui seprend pour Prince. Quant à écrire des morceaux comme «Do U Lie ?», Jamie a oublié de le faire. Letrou de mémoire de l’année. CHARLES DE GOAL_Cinquième album, le premier en vingt-deux ans, d’un groupe considéré en 1980 comme le «Joy Division français». Aucune pendaison ne les a sauvé du ridicule. Pasle comeback 2008. B. S. Pas fresh La nôzée NÔZE, DES FRANÇAIS QUI RENDENT JOYEUX. NÔZE / «SONGS ON THE ROCKS» ELECTRO. «Ma rage se démenait à la surface et, pendant un moment, j’eus l’impression pénible d’être un bloc de glace enveloppé de feu, une omelettesurprise. » Cette phrase est tirée de «la Nausée» de Sartre. Ce livre bien chiant posequand mêmeune question intéressante : quel disque écouter pour échapper à cette impression pénible d’être un bloc de glace enveloppé de feu ? Pour fuir la nausée, il faut passer par Nôze. Leur nouvel album creuse le sillon des précédents : comme si Tom Waits posait sa grosse voix sur une BO de John Carpenter réinventée par un Katerine électro et encore rigolo. Avec des idées farfelues à tous les coins de chansons, «Songsonthe Rocks»est un album à écouter comme on découvre, enfant, une pochette-surprise. Un bon moyende nepas devenir une omelettesurprise. MMeeiilllleeuurr mmoorrcceeaauu : : «Remember Love. » (GET PHYSICAL/LA BALEINE). La double peine COME-BACK FUNÈBRE DES ALLEMANDS TRISTES DE THE NOTWIST. THE NOTWIST / «THE DEVIL, YOU + ME» POP. Avec la mort de Klaus Dinger en mars, le krautrock a perdu l’un de ses plus grands héros. Ancien batteur de Kraftwerk, membrefondateur de Neu ! et deLa Düsseldorf, ila incarné le meilleur du rockallemand70’s. The Notwistn’a jamaistâté dukrautmais, parcequ’ils sontAllemands, on ne peut s’empêcher d’écouter leur nouvel Le cercle des ascètes disparus THE BLACK ANGELS PRÊCHENT POUR LA PAROISSE DU PSYCHÉDÉLISME. THE BLACK ANGELS / «DIRECTIONS TO SEE A GHOST» ROCK. Est-ce vraiment dans les vieux potsqu’on faitla meilleuresoupe ? Après un «Passover» très remarqué l’annéedernière, les BlackAngels prouvent en toutcas qu’onpeut faire du surplace de qualité. Plutôt que d’écrire la musique de demain, ce deuxième album, «Directions To See a Ghost», perpétue la tradition des intégristes du feedback, dans le sillon du Velvet Underground et des Spacemen 3. Loin de la tentationprog du dernier Black Mountain, les Texans manient le gimmick à laperfection, sans toucher à la quadrature du cercle. Reste que le psychédélisme sous acides ne souffre d’aucune concession. Et à force de se repasser la même boucle, Syd Barrett ou Roky Erickson sont restés coincés, eux. Pour de vrai. MMeeiilllleeuurr mmoorrcceeaauu : : «You On the Run. » (LIVE IN THE ATTIC). album, «The Devil, You + Me» comme une douloureuse oraison funèbre dédiée à Klaus. Moins electronica que leur dernièreproduction («NeonGolden»en2002), ledisque envoie NickDrakeet The Cure déprimer avec le meilleur de l’indie, Field Mice et Pale Fountains. Soyonsfrancs : beaucouptrouverontça mollasson. Mais comme ilnous rappelle le rock allemand 70’s et la pop anglaise 80’s, onflotteentre deuxparadis perdus. C’est déjà beaucoup. MMeeiilllleeuurr mmoorrcceeaauu : : «The Devil, You + Me. » (ZERO HOUR). ATLAS SOUND «LET THE BLIND…» (KRANKY) L’ARTISTE / LE GROUPE Atlas Sound est le projet solo de Bradford Cox, le chanteur de Deerhunter, auteurd’un des meilleurs albums de 2007, «Cryptograms». Il lâche ici le psychédélisme noisy pour l’ambient sur laptop. N’ayez pas peur. L’ALBUM Conçu comme un voyage intérieur (Cox est atteintdu syndrome de Marfan), «Let the Blind…» est un mashup de collages pop et de saynètes shoegaze. C’est parfois soporifique, souvent trèsbeau, toujours sur le fil. LE VERDICT D’une beauté spectraleet cotonneuse, cet album solitaire est un grand petit disque du début 2008. Tandis que le futur de Deerhunter s’écrit en pointillés, Cox prend son envol en déployant ses grandes ailes décharnées. O. T. ERYKAH BADU «NEW AMERYKAH, PART ONE» (UNIVERSAL MOTOWN) On avait laissé Erykah sur la scène du «Block Party» de Dave Chappelle entonner le sublime «Back In the Day» tout en luttant contrelesélémentsqui lui arrachaient sa perruque. La revoilà avec «New Amerykah», ode vibrante et calée à la pure soul originelle. Retour aux basiques 70’s. «My People», reprise de Eddie Kendricks, letrès lent«That Hump» et lesurorchestré «Ho-ney» déroulent le tapis sous les pieds de ses influences majeures : Marvin Gaye, Miles Davis et Stevie Wonder. Pas du neuf, mais du lourd. Avec ses messages bulldozer, la Badu peut crisper. Mais personne ne lui enlèvera sa voix et sa connaissance musicale encyclopédique. Vous n’avez plus acheté de CD depuis 2003 ? L’artwork de celui-civautla peine de renouer avec les vieilles habitudes. R. T. KIM «DONLEE DOO» (VICIOUS CIRCLE) Filsd’unbatteur d’Higelin, KimStanislasGiani vient de Bordeaux et a une belle coupe au bol à la Jason Pierce. Multi-instrumentiste, il joue la carte du one man bandstakhanoviste. A 30 ans, il a seize albums au compteur. Avec son falsetto, Kim pourrait chasser sur les terres de Beck. En réalité, ilévoque plus un Sébastien Tellier lofi repris par Rémy Bricka («When the River Turns Around», «Turn me On»). Sans le côtéfanfare. Après Rubin Steiner et Henning Specht, Kim vient confirmerla forme olympique des artisans de province. Cet énième opus vaut largement plus que les 4/5e de la production hexagonale. Ce qui, en soi, est déjà un succès. O. T. THE CHAP «MEGA BREAKFAST» (LO RECORDINGS) Le leader de The Chap a beau s’appeler Johannes Von Weizsacker, lui et son groupe sont londoniens. Après «The Horse» et «Ham», ils ressortent leur look d’étudiants en philo pour un petit déjeuner consistant. Le groupe revendique son absence d’influences, et il faut bien avouer que sa musique est un défi à l’éiquetage. A peine peut-on dire qu’elle navigue quelque part entre un Animal Collective funky et un Hot Chip erratique. «Mega Breakfast», Parmi ses bidouillages électroniques, renfermeun hit en puissance, «Proper Rock», et son refrain qui rappelle le «This Is Not a Photograph» de Mission of Burma. The Chap, c’est mieux que les vitamines. CLINIC «DO IT !» (DOMINO) Un quatuor pop de Liverpool qui ne s’appelle pas The Beatles mais Clinic. Le groupe aligne depuis 2000 les disques sans vraiment décoller, comme leurs voisins de The Coral. Place au succès avec lenouveau, «Do it !» ? «Do it !» n’est pas «Do Hits». A part deux ballades, le reste fait dans le larsen. Pas assez violent pour les fans deLiars, mais trop pour les autres. Détail quipeut agacer, la voix rappelle parfois Brian Molko. Clinic est moins fort que Black Angels et «Do it !», ça ne le fait pas vraiment. Jerry Rubin peut dormir tranquille dans sa tombe : «Do it !» restera pour nous associé à son manifeste sauvage, pas à ce disque. L. -H. L. R. LE SOLO DU MOIS PETER MORÉN FOLK. Crosby, Stills, Nash & Young n’ontpas vieilli ensemble. Comme pour la plupart des groupes, les carrières solos ontfini paravoir ledernier mot. Après les hits, le split. Cette année, c’est aux Suédois Peter, Bjorn & John d’en passer par là. Ils ont beau avoir décroché un gros tube en 2006 avec «YoungFolks» (laritournelleavecun sifflotement), Peter Morén a sifflé lafin de la récré : il voulaitson album perso. Alors, il s’est souvenu du roman inachevé de Fitzgerald, «The Love of the Last Tycoon» et s’est enfermé chez lui pour boucler ensolitaire son premier album, «The Last Tycoon». Le disqueest lacopie conforme du«Going to Wherethe Tea-Trees Are»de Peter von Poehl, un autreSuédois. Il sentlehome-studio, la guitare sèche, les petits claviers, lemug bouillantet les cols roulés. De la musique de minets, du désenchantement Ikea? Non, c’est bien. On ignoreencorequel seral’avenir dePeter, Bjorn & John mais on sait déjà que pour leurs carrières solos, Peter Morén sera le dernier nabab. Car dans son folk en clair-obscur, tendreest lanuit. MMeeiilllleeuurr mmoorrcceeaauu : : «Tell me inTime. » PETERMORÉN / «THELAST TYCOON» (QUARTERSTICK RECORDS). LES FRANÇAIS DU MOIS ONE-TWO ET TAHITI BOY POP. L’excellent premier albumd’Alister nousrappelle qu’il n’y a pas de fatalité : on peut être français et ne pas sortir de disques aussi nuls que ceux de Superbus, Calogero ou Xavier Bertrand. C’est le cas de One-Two et Tahiti Boy & The Palmtree Family. Comme Alister qui a enregistré son album en Angleterre avec Baxter Dury, One-Two a traversé la Manche pour devenir le seul groupe français signé sur le très bon label anglais Domino : leur deuxième album sonne comme du Phoenix avec des synthés, commesi Burgalat passaitdes baskets etun polo fluo pour enregistrer des génériques de dessin animé. Tahiti Boy & The Palmtree Family (Syd Matters et unebande de copains) sont, eux, restésen France. Des palmiersdeParis-plage à ceuxde Floride, il n’ya qu’un pas : entre pop et piano-bar, leur bel album a des airs debateau à vapeur traversant le Mississipi. Tahiti Boy aurait pu s’appeler Tom Sawyer, entouré de la Palmtree Family, comme Brian Wilson de ses Beach Boys. ONE-TWO : «MISSING BOB STAR» (DOMINO). TAHITIBOY : «GOODCHILDRENGOTOHEAVEN» (THIRDSIDE).

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Technikart n°122, 02 mai 08

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n°. - 122 paru le 02 mai 08
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